2. Le(s) rideau(x).
Dans le vocabulaire du théâtre, il y a plusieurs types de rideaux, le plus familier ou le plus connu étant le rideau d'avant-scène (voir plus bas). D'autre part, et particulièrement lorsque ces rideaux sont des éléments de décors, on emploie surtout le mot toile.
2.1. Le rideau de fer (ou rideau pare-feu).
C'est le rideau métallique destiné à isoler la salle du plateau en cas d'incendie. C'est pourquoi on l'appelle aussi rideau de sécurité. Autrefois en mailles de fer, il est aujourd'hui en métal plein.
Depuis l'incendie qui dévasta la Comédie-Française, le 8 mars 1900 (faisant une victime, la comédienne Jane HENRIOT), le rideau de fer n'ayant pas été baissé, la manœuvre de ce rideau est aujourd'hui obligatoire dans chaque théâtre, avant chaque représentation, afin de vérifier son bon fonctionnement. Cette manœuvre se passe, selon la législation en vigueur, devant dix témoins, les dix premiers spectateurs ; elle est très dangeureuse, ce rideau étant une véritable guillotine.
2.2. Le rideau de fond.
Équivalent de toile de fond, c'est le rideau qui clôt la décoration de la scène, au lointain.
2.3. Le rideau de manœuvre.
C'est le rideau qui ponctue le spectacle, permettant le changement de décor, le plus souvent à la place du rideau d'avant-scène. Il peut arriver que de courtes scènes soient représentées devant ce rideau dont la décoration est, alors, adaptée au sujet de la pièce représentée.
2.4. Le rideau d'avant-scène.
Le rideau qu'on remarque en premier lieu dans un théâtre est le rideau d'avant-scène. C'est l'élément emblématique du théâtre qui sépare la scène de la salle, indique le début et la fin du spectacle, et marque l'accès à un ailleurs ; passage de la trivialité au rêve, du quotidien aux diens et aux démons, aux fantômes, il joue du montré et du caché.
C'est le fameux "rideau rouge" de la chanson de Gilbert BÉCAUD. C'est lui qu'il faut appuyer (lever) ou charger (abaisser) au début, puis à la fin du spectacle, tout comme entree chaque acte. Apparu en Italie au XVIè siècle, il est lié à la décoration en perspective. En France, c'est à partir de 1647 qu'il fait partie intégrante du théâtre et de son image. Ce n'est qu'à partir de 1828 qu'il ponctue le spectacle et qu'il souligne les entractes. Il permet les changements de décors, à moins qu'ils ne se fassent « à vue ». Il lui est dévolu la même fonction qu'à la rampe, mettre en valeur et séparer. Mais cette masse lourde, opaque et somptueuse de velours rouge ou bleu n'est pas impénétrable : elle possède une faille, un interstice ouvert : c'est l'œil du rideau. De là, d'un coup d'œil panoramique et averti, l'acteur est en mesure de "faire la salle" pour constater si elle est clairsemée ou comble, si ses amis sont venus, et aussi pour exercer sa verve moqueuse.
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| Le rideau d'avant-scène |
Le rideau peut être équipé de différentes façons. Équipé à l'allemande (on dit aussi "à la guillotine"), il se lève verticalement, appuyé au cintre, ainsi qu'une toile peinte.
Équipé à l'italienne, il s'ouvre par le milieu ; chaque moitié peut être remontée de chaque côté en un drapé. On le dit équipé à la française quand on combine les deux manières, allemande et italienne. À la grecque, équipé d'une patience, il s'ouvre par le milieu pour glisser sur les côtés.
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| Rideau à l'Allemande | Rideau à l'Italienne | Rideau à la Française | Rideau à la Grecque |
Le rideau brechtien est équipé sur un fil très tendu, appelé "corde de piano" ; il coulisse horizontalement. sa fonction est de rompre l'illusion ; joit au songs (chansons qui se présentent en rupture avec le texte afin d'interrompre l'aspect narratif), il ne cache pas ses airs "chichois". Le rideau à la polichinelle est équipé pour s'enrouler sur lui-même par le bas ; son utilisation est liée à l'abscence de cintres ; son appelation a été choisie en référence au rideau du "castelet" du théâtre de marionnettes. Le kabuki est un procédé récent, d'une efficacité spectaculaire, pour retirer rapidement un rideau déployé.
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| Rideaux brectien | Rideau à la Polichinelle |
Le jeu du rideau est de se lever ou de se baisser. Il ne faut pas confondre le lever du rideau et le lever de rideau, qui est un genre dramatique. Le lever du rideau est empreint de la solennité du rite de passage, comme le baisser du rideau peut-être aussi une menace : le public mécontent est en droit de demander le baisser du rideau qui peut se faire brutalement, ou entrer dans le jeu qui consiste à faire le rideau. Cette expression est utilisée lorsqu'un machiniste, au moment des rappels, doit charger puis appuyer le rideau autant de fois que le public rappelle les comédiens qui viennent saluer. Selon l'humeur du machiniste, selon le genre de la pièce, dans l'esprit ludique de cet exercice, le rideau peut être chargé à l'amoureuse ou à la parisienne.
Au XIXè siècle, on disait plus volontiers : « lever la toile » et ensuite, de manière argotique, « lever le torchon ».
Le XXè siècle, qui tend vers la "transparence", néglige parfois le rideau ; ou alors il le valorise au point de commander sa décoration à un peintre comme Gérard GAROUSTE. C'est lui qui, en 1989, a peint le rideau du Châtelet : un figure tricéphale illustre trois attitude de la comédie : le rire, les pleurs, le doute.
2.5. À l'amoureuse / À la parisienne.
À l'amoureuse : Dans le vocabulaire technique, l'expression équivait à "doucement" en ce qui concerne la manœuvre du rideau.
Charger un rideau à l'amoureuse, c'est veiller à ne pas le laisser retomber brutalement et par à-coups comme c'est trop souvent le cas. L'image sous-entend une perception de l'amour comme un acte d'attention.
À la parisienne : Dans l'expression charger un rideau à la parisienne, c'est le laisser tomber brutalement. L'image de Paris et de sa vie trépidante sous-entend la location, qui peut prendre une nuance péjorative comme équivalent de travail bâclé ; un chef machiniste peut être amené à dire, n'en restant pas à la manipulation du rideau : « Ton châssis, tu ne trouves pas, c'est une peu à la parisienne ! »
2.6. Les rideaux d'équipement.
Taps : C'est l'ensemble des pendrillons, frises et rideaux de fond réalisés dans le même tissu et de la même couleur, servant à l'équipement d'une scène.
Pendrillons : Rideau, la plupart du temps en velours noir, placé de chaque côté du plateau. Les pendrillons forment les coulisses.
Frises : Élément de décor destiné à cacher le cintre à la vue du spectateur. En ce sens, elle est assez preoche de la bande d'air (décoration flotante suspendue en l'air, qui cachent aux spectateurs les cintres). La frise peut être décorée (peinte sur une toile de jute par exemple) ou neutre (souvent en velours noir pour cacher les éléments que le public ne doit pas voir).
2.7. Rideau !
« Au rideau ! » crie le machiniste pour annoncer le début du spectacle. « Rideau ! » est l'injonction des spectateurs déçus, qui réclament le baisser du rideau. Une pièce imprimée se termine par ce même trait laconique et sans appel, que le langage courant a repris à son compte : « Rideau ! », dit-on quand, à la fin d'une conversation, on veut signifier qu'il n'y a plus rien à dire, que les jeux sont faits.
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Cour / Jardin | Les éléments de la scène |









